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QUESTION

À quoi servent les défenses sur les quais ?

On équipe les quais de défenses qui agissent comme un coussin entre le quai et le navire. Elles absorbent le choc du navire lorsque ce dernier passe d’une faible vitesse à un arrêt total pour accoster.


Ces défenses sont destinées à protéger le quai de la jetée Alexandra qui
s'apprête à recevoir le navire de croisière Maasdam.

En effet, quand un navire approche du quai, il a beau réduire sa vitesse au strict minimum, sa force d’inertie, les vagues, le courant et les vents le propulsent. Sans ces défenses qui servent de tampons, les parois du navire iraient heurter le béton ou le métal du quai, causant des dommages à la fois au quai et au navire.

Historiquement, la plupart des défenses étaient en caoutchouc. Le plus souvent, il s’agissait d’immenses pneus. « Mais l’utilisation de ces pneus recyclés tend à disparaître, dit Jean-François Belzile, le capitaine du Port de Montréal, et directeur des opérations maritimes. Il est difficile de mesurer leur efficacité. Ils ne sont pas tous usés de la même façon et certains se fendent facilement. Puis, leur caoutchouc est très dur et il peut bosseler les petits navires. De plus, leur capacité d’absorption des chocs est difficilement mesurable. »

Les méthodes se raffinent constamment et les nouvelles défenses offrent un tout autre aspect. Il en existe aujourd’hui plusieurs modèles. Au Port de Montréal, on mène actuellement un projet de modernisation des défenses de quais, au coût de 10 M$ sur cinq ans, avec l’aide financière du gouvernement du Québec, dans le cadre de sa Stratégie maritime. Ce sont les ingénieurs du Port de Montréal, en collaboration avec le département des opérations maritimes, qui font les plans pour préparer les quais à recevoir les nouvelles défenses.


Jean-François Belzile,
capitaine du Port de Montréal
et directeur des opérations
maritimes

Sur certains quais, par exemple les quais pétroliers, on a déjà entrepris de remplacer les pneus par des défenses mécaniques. Celles-ci ont une plus grande capacité d’absorption que les pneus et elles sont donc plus efficaces quand il s’agit d’amarrer des navires de gros tonnage.


Cette défense est assez forte pour recevoir le choc de
gros navires marchands. Le bouclier absorde la
pression exercée par le navire qui vient s'y appuyer
et protège à la fois le quai et la coque du navire.

Au terminal de croisières, on opte plutôt pour des défenses flottantes de 3,5 mètres de diamètre. Celles-ci doivent être assez larges pour assurer un espacement de 3 mètres entre le navire et le quai, espace nécessaire pour laisser circuler la cage à bagages. Par ailleurs, on peut facilement bouger ce type de défenses pour adapter la configuration de leur espacement en fonction de la grosseur des navires, qui varie beaucoup.

Il existe des défenses cylindriques, coniques et verticales, et chacune répond à des besoins différents, par exemple les dimensions, et donc la masse, des navires, la courbure de la coque du navire, la résistance à la glace en hiver, etc.

« Bref, en matière de défenses, il n’existe pas une solution unique pour tous les navires. Il faut tenir compte de plusieurs variables », résume Jean-François Belzile.